Ça faisait un bail que j'entendais parler de ce bouquin. Je ne sais pas pourquoi, je m'en suis toujours fait l'idée d'un récit dans le style du Nom de la rose d'Umberto Eco. Peut-être à cause du nom de l'auteur, Paulo Coelho (les deux ont le prénom et le nom de famille qui terminent en -o), et du titre un peu mystérieux ?

Pourtant, je n'ai pas lu le Nom de la rose. Je n'ai qu'un vague souvenir de l'adaptation cinématographique que j'ai vue il y a une douzaine d'années. J'évite de trop y penser car je revois la basse-cour grisâtre d'un monastère et les fesses d'un gamin qui s'agitent à l'écran alors qu'il découvre l'amour (et que ma prof paniquée essaie de sauter cette immodeste scène). Donc, ai-je eu tort d'inconsciemment le comparer à l'Alchimiste ? Probablement. L'oeuvre d'Umberto Eco semblait davantage pencher sur le policier/drame médiéval. Je le saurai tôt ou tard, car il est déjà sur ma liste de lecture.

L'Alchimiste est très accessible. J'ai été surpris par le style simpliste, et même un peu dérouté les premières pages - car j'ai plongé dedans sans vraiment savoir à quoi m'attendre, comme j'ai l'habitude de faire pour tous les livres que je lis - avant de comprendre que j'avais affaire à un conte philosophique assumé.

Simple à comprendre, efficace dans l'exposition, intrigue claire et sans détours. On suit l'évolution de Santiago à travers une Afrique du Nord merveilleuse, en fait réaliste mais ponctuée de passages fantastiques qui donnent à l'ensemble une atmosphère onirique et complètement hors du temps. J'ai compris qu'on était dans un conte avec l'apparition d'un roi hiérosolymitain (vous aurez appris quelque chose aujourd'hui : c'est le gentilé de Jérusalem) vieux de trois mille ans venu lancer le protagoniste sur le chemin de sa "Légende Personnelle".

Le livre expose tout un jargon apparemment tiré des arts alchimiques, et de l'ésotérisme - l'auteur évoque par ailleurs, dans la préface, sa passion pour le secret. On vous parlera de Légende Personnelle, d'Âme du Monde, des Signes... Bref, une façon de nommer plusieurs idées philosophiques auxquelles nul n'échappe.

Par exemple, la Légende Personnelle. C'est cette quête immuable qui habite chacun de nous, l'objectif le plus profond que l'on désire accomplir et qui correspond à notre véritable destin. Et l'Alchimiste montre que poursuivre notre Légende Personnelle n'est pas sans péril, mais que tous les malheurs que vous essuierez sur le chemin seront effacés par le véritable épanouissement qui se trouve dans cette quête. Le livre se conclut finalement par un message clair : appréciez le voyage, la destination est secondaire.

« Quand on veut une chose, tout l'Univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve. »

Avec du recul, la fin est cohérente avec le reste du récit, mais je me suis avoué surpris. Santiago est en quête d'un trésor pendant tout le récit. Il y arrive enfin au terme d'un long voyage initiatique, riche de sens et de philosophie, qui a ouvert son âme à un plus haut degré de conscience et de compréhension des choses. Alors à la fin d'un tel livre où tout semble suggéré et porteur d'un sens profond, on ne s'attend pas à ce que le trésor soit un trésor au sens littéral. J'attendais presque avec impatience de découvrir par quel tour de pensée l'auteur allait-il encore me surprendre. Mais non, c'était bien un trésor en or et joyaux.

Et au final, l'Alchimiste est toujours d'un conte. Donc ça fait sens. Et c'est sûrement mieux ainsi.